Traversée du lac Koman en packraft

Packraft et Raki en Albanie

Partis à la découverte de l'Albanie en sac à dos, Romain et Florain nous font découvrir le "Joyau des Balkans". En packraft, à pied, en stop ou en bus, tous les moyens de locomotion sont bons pour sillonner ce pays grand comme une région française. Paysages à couper le souffle, nature préservée, hospitalité de ses habitants, l’Albanie regorge de richesses. Le petit Pablo en prend plein les mirettes !

L'aventure résumée en quelques images

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Un packraft, un goût prononcé pour l’aventure, du temps libre et une destination : L’Albanie. Le désir de découvrir un pays méconnu, encore peu touristique et doté de paysages riches et diversifiés, entre mer, cours d’eau sauvages et montagnes. Ces conditions réunies, il n’en fallait pas plus pour nous projeter dans une exploration envoûtante de l’Albanie, combinant trek et packraft.

Suite à nos casse-têtes pour l’équipement le plus approprié (volume/poids/efficacité) puis le repérage satellite de l’itinéraire, nous voilà partis pour un mois à travers « La grande inconnue des Balkans » en autonomie (nourriture, tente, filtre à eau pour boire l’eau des rivières, etc).

Il était bien trop simple de prendre un avion et d’arriver tranquillement en forme à destination… Bus de Paris jusqu’en Italie puis ferry à destination de Durrës (ville albanaise) pour ensuite s’imprégner de l’ambiance estivale et animée du lieu. Ambiance déjà appréciée lors de ces 40 heures de voyage, comme un entrainement à la lenteur et à la contemplation.

Premiers coups de pagaie en Albanie

Dès notre arrivée, la chaleur aussi bien humaine que climatique (c’était aussi la canicule…) se fait ressentir et hormis quelques chauffeurs de « taxis » insistants, la bienveillance envers l’étranger règne et est fort appréciable. C’est alors que commence réellement le périple, en donnant les premiers coups de pagaie en mer dans l’eau limpide de la Riviera Albanaise.

Qu’on se le dise, le principal défaut du packraft ne vient pas de sa solidité qui est incontestable mais de sa vitesse de croisière, lente sur eau calme. Dans ces conditions, il faut donc savoir prendre son temps : le temps de la réflexion et de la contemplation.

Aussi belle soit la mer, la première étape importante du voyage pointe enfin le bout de son nez. La descente d’un des derniers fleuves sauvages d’Europe, la VJOSA River, depuis la frontière Gréco-Albanaise jusqu’à la mer Adriatique, raison principale pour laquelle nous sommes venus en Albanie ! Actuellement préservée – aucun aménagement du cours d’eau n’a été effectué par l’homme – elle est menacée par des projets de construction de barrage hydro-électriques qui met son côté sauvage en danger. Il nous tenait à cœur de l’explorer avant qu’il ne soit trop tard.

Avant cela, direction ce fameux « Blue Eye » dont nous voulions admirer le spectacle de nos propres yeux : une source d’eau pure très profonde jaillissant dans une rivière bleue-verte d’une beauté sans nom. Pour nous rendre aux endroits désirés nous privilégions pour ce voyage les déplacements en bus, très bon marché. Chercher la station de bus est également un périple ici, une sorte de mise en abyme du voyage. Parfait pour les baroudeurs !

Bien que touristique, la beauté de ce lieu nous impressionne et nous décidons d’y passer la nuit pour l’admirer plus calmement. De toute façon, le dernier bus est déjà parti ! À noter la présence de nombreuses poubelles sur tout le site, élément très appréciable et malheureusement pas encore assez développé dans l’ensemble du pays. Comme quoi, le tourisme dans certains cas peut amener à des aménagements positifs pour la préservation des sites naturels visités.

À ce moment précis, une petite rectification de l’itinéraire est à prendre en compte. En effet, aucun bus ne peut nous emmener à la frontière Gréco-Albanaise où nous avons prévu de démarrer la descente. Marche arrière et direction Përmet, sur la route principale pour la Grèce où une pause bière s’impose. Une bière, deux bières, trois bières… Il faut dire que le prix incite à consommer !

La Vjosa, un des derniers fleuves sauvages d'europe

Le point de départ est proche, la route longe L’Aoos (Vjosa). Nous sommes partagés entre le fait de regarder ce qui nous attend où de garder la surprise. Nous finissons par contempler le lieu où nous pagaierons d’ici quelques heure, tout en jaugeant la hauteur d’eau, faible en cette saison.

L’aventure tant attendue depuis plusieurs mois commence dès à présent et l’excitation est au rendez-vous ! On enfile nos tenues, assemblons les pagaies, gonflons les packrafts, attachons nos sacs de randonnée à l’intérieur d’un grand sac étanche sur l’avant de notre embarcation : une routine vite prise au fil des jours. Nous voilà prêts : «let’s go mon pote ?».

Quelques coups de pagaie suffisent pour apprécier les premiers rapides comme mise en jambe ! Parfaite harmonie entre rapides suivis d’eaux calmes dans des décors montagneux sauvages, nous sommes comblés ! Eau transparente, cascades, sublimes paysages diversifiés, soleil, tout y est !

Seul bémol, et pas des moindres, qui nous a particulièrement choqué… Des plastiques et autres détritus en tout genre attachés sur les arbres lorsque le niveau d’eau est bas comme en ce mois d’août 2019, ce qui nous met en alerte sur la pollution de déchets dans ce pays et sa nécessaire prise en charge.

Nous ne tardons pas à nous arrêter à un premier spot de bivouac où nous rencontrons un groupe de sept packrafters français !

Le jour suivant, nous quittons déjà la Vjosa pour faire un crochet aux sources d’eaux chaudes naturelles de Benjë. Le choix du packraft prend alors tout son sens pour ce voyage puisqu’il permet de quitter la rivière très rapidement et de reprendre la route pour rejoindre un autre endroit sans soucis logistique de transport. Cette fois-ci, nous faisons du stop sur une petite route de campagne pour rejoindre ces sources. Les Albanais sont très chaleureux et prennent facilement les auto-stoppeurs en dépit de la barrière linguistique, car beaucoup d’Albanais ne parlent pas Anglais. Une bière à la main, c’est en musique que le conducteur nous emmène rejoindre ces fameuses sources et le magnifique canyon qui les protège. Nous décidons de bivouaquer sur place et de retourner sur la Vjosa le lendemain pour continuer la descente.

Nous constatons la grande stabilité des packrafts lorsque nous descendons des rapides très mouvementés (classe III volumique et manœuvrier en majorité avec un ou deux passages en classe IV) ainsi que des petites chutes de cascades : aucun de nous deux ayons été renversés dans l’eau pendant l’entièreté de la navigation. De même, la solidité est comme nous l’avons dit vraiment remarquable : à plusieurs reprises nous nous sommes pris en pleine face des rocher que nous n’avons pas réussi à éviter, également raflé le fond de l’embarcation sur des roches lorsque le niveau était trop bas : la bête est solide !

Avec joie, nous retrouvons le groupe des sept packrafters, l’aventure se prolonge à leur côté quelque temps avec une chaleureuse soirée passée au coin du feu: saucisses grillées, bières, raki (l’alcool local) et lecture de «Terre des Hommes» de St Exupéry.

Désireux de terminer notre itinéraire au complet nous décidons de les quitter au matin et de continuer la traversée du fleuve qui se fait plus calme aux abords de Tepelenë. Tout au long de la traversée, la visite des bergers et de leurs chiens viennent agrémenter les moments de repos. Vaches, moutons et éleveurs se demandent ce que nous pouvons bien faire ici.

Après 7 jours de navigation, nous décidons de rester une nuit de plus et de quitter le fleuve qui est maintenant devenu beaucoup trop calme avec des paysages moins sauvages et plus plats. Avec en prime le vent de face, la progression se fait très lente, et nous nous demandons si nous ne reculons pas. Grâce au GPS, nous avons pu voir qu’à quelques kilomètres une route allant en direction de Fier passait tout près du fleuve. Le lieu est idéal pour commencer à faire du stop et rejoindre cette ville qui nous permettra par la suite de rejoindre Shkodër. De là, nous prendrons un 4×4 jusqu’à Theth puis randonnerons jusqu’à Valbona dans les Alpes Albanaises.

Le Lac Koman, comme un petit air de paradis...

S’en suit la dernière partie du voyage, la traversée du lac Koman et ses magnifiques paysages !! « Oh ça rassemble à l’Asie, là ça me fait penser au Canada et là un peu à….. Et si c’était tout simplement l’Albanie ? »

Endroit encore sauvage, quelques ferries viennent perturber le calme de ce « monument » naturel. En espérant que l’évolution ne vienne pas dégrader ce site par la suite. Une petite anecdote nous vient à l’esprit. « Sommes-nous des animaux dans un zoo ? » Il faut le croire… Vu le nombre de voyageurs  embarqués sur les ferries ou sur les barques qui nous prennent en photo ! Peut-être 30 par jour si ce n’est plus. Sans parler de ces Anglais qui nous demandent de sortir de notre toile de tente pour se prendre en photo à notre place sous la grotte, un jeu de simulacre ?

Remonter un faible courant est possible en packraft avec un peu de volonté et d’huile de coude. Nous l’avons fait pour rejoindre la Shala river qui se jette dans le Drin qui alimente lui-même le lac Koman. Une eau incroyablement limpide d’une couleur émeraude. A cet instant, nous avions l’impression d’être dans le film «La plage», plongés dans cet univers de paradis caché et insoupçonné. Deux nuits dans une grotte pour nous protéger des tempêtes de la nuit, auxquelles notre tente n’aurait certainement pas résisté et une dernière journée de packraft afin de rejoindre le barrage du lac.

Le barrage atteint, nous décidons de porter nos packrafts afin de rejoindre le Drin pour donner nos derniers coups de pagaie : nul besoin d’un portage fastidieux.

Le voyage se termine ainsi. Deux jours de repos à Skodër à nous remémorer les excellents moments de ce périple et à nous demander pourquoi une telle pépite est mise de côté sur le plan touristique. Une chose est sûre, cette première aventure en packraft a été un franc succès, au-delà même de nos espérances. Ce voyage a été une vraie révélation pour nous et une chose est certaine, nous remettrons nos packrafts dans le sac de rando prochainement : adopté!

Retour vers la France, nous sommes déjà en train de rêver sur la prochaine destination où nous aimerions faire voyager notre packraft !

À suivre…

 

Auteurs : Romain Foucher et Florian Guillier

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