Description de la rivière
La Bourne coupe les remparts ouest du Vercors, créant plusieurs gorges magnifiques qui connectent le cœur du Vercors aux collines du Royans. La rivière est née à Villard de Lans, au-dessus de Grenoble, puis passe par Lans en Vercors et ses pistes de ski. C’est là où la fonte lui donne la force pour couper à travers des rochers en direction ouest, gagnant en débit grâce à plusieurs affluents et résurgences qui émanent du réseau souterrain. D’autres sources peuvent se visiter et valent le détour comme la Goule Noire, le Bournillon ou encore le Gournier. Il s’agit en effet d’une vallée marquée par le travail de l’eau, puis plus tard par le travail de l’homme avec l’installation d’abord des moulins dès le moyen Age. Sur la deuxième moitié du 19ème c’est la construction de la célèbre route qui remonte les gorges et permet de connecter Pont en Royans et Villard de Lans. Cela marquera un avant et un après pour les populations du Vercors. Ensuite arrivèrent des installations plus importantes pour maitriser la force de l’eau avec la mise en place de plusieurs barrages pour générer de l’hydroélectricité, comme celui de Choranche, terminé en 1950.
La section navigable entre le barrage de Choranche et le Pont Rouillard se trouve dans une partie de la vallée un peu plus large, où la géologie est moins verticale que les gorges escarpées en amont et le dernier rétrécissement au niveau de Pont en Royans. Appelé « Bourne Paradise » par l’auteur d’un topo que nous avons trouvé sur eauxvives.org, c’est bien un petit coin de paradis et nous pensons que le nom est bien adapté. Nous le remercions pour nous avoir fait découvrir cette section pas si loin de chez nous !
Le parcours ressemble à un petit slalom naturel, avec des rochers couverts de mousse. Quand le débit augmente, les rapides deviennent plus forts, parfois proches de la classe IV. Un seuil en fin de parcours peut impressionner, mais reste sain. La rivière dépend beaucoup des pluies et de la fonte des neiges, étant surtout en conditions au printemps, après de fortes pluies ou épisodes de redoux hivernal. Attention sortie obligatoire au point marqué car après l’accès est infranchissable.
Les + : Un très beau cadre, une eau propre et des rapides ludiques. Beaucoup d’activités possibles autour: spéléo, randonnée ou visites culturelles.
Les – : Rivière de charactère nivo-pluviale, avec des niveaux souvent trop bas pour naviguer. Pas de présence de jauge connectée, il faut l’estimer à partir des mesures réalisées en aval. Pas de transport en commun pour remonter.

C’est possible d’accéder à Pont en Royans en bus depuis plusieurs destinations, mais pas pour remonter la rivière (il faudra soit monter à pied ou en stop).
Pour remonter la Bourne depuis le Pont Rouillard, prenez la petite route goudronnée qui part derrière le moulin, en rive gauche. Le chemin est bien balisé en rouge et blanc jusqu’à Choranche : c’est l’itinéraire « Au fil de la Bourne », qui suit la rivière. Après environ 15 minutes de marche, quittez la route pour une piste en terre indiquée par des panneaux. En avançant, les falaises de Choranche et de Gournier se dévoilent au-dessus de la vallée. Un peu plus loin, vous verrez un champ en contrebas : restez sur le sentier, qui monte doucement à travers la forêt. C’est là que vous pourrez rejoindre le chemin si vous souhaitez refaire la section en slalom. Le sentier passe ensuite au bord d’une petite falaise surplombant la rivière — soyez prudents — puis continue jusqu’à Choranche. C’est l’occasion de repérer les rapides en contrebas. C’est la section la plus difficile, il vaut mieux regarder pour se faire une idée. En arrivant au pont, prenez le temps de vérifier le niveau d’eau à l’échelle, juste en dessous en rive gauche. Pour continuer vers le barrage, restez en rive gauche. Le parcours commence sur du goudron, longe le camping, puis retrouve un petit sentier qui remonte tranquillement jusqu’au barrage. Si vous préférez aller plus vite, vous pouvez aussi rester sur la piste principale et descendre seulement à la fin.



Voici la carte avec quelques uns des élements plus importants
Sur l'eau
Départ sous le barrage
Embarquez sous le barrage de Choranche en faisant attention si le débit est important. Le barrage, construit en 1950 détourne une partie de l’eau jusqu’à Pont en Royans, où les turbines génèrent 90 GWh par an. En dessous, une première zone plate et calme donne suite à des petits rapides pour commencer à s’échauffer. Le premier, en léger virage sous une forêt de buis moribond couverte par une épaisse couche de mousse annonce la couleur de la descente. Derrière ce plan verdoyant, on aperçoit les sommets calcaires avec leur teinte grisâtre et orangé.
On commence à trouver le rythme avec quelques petits rapides en classe II-III jusqu’à arriver aux campings de Choranche visible successivement en rive gauche puis en rive droite. Un parc en rive droite est équipé de toilettes publiques et d’un fontaine: c’est un point d’embarquement pour ceux qui souhaitent faire la section la plus sportive. Vous pouvez aussi profiter pour inspecter le premier rapide depuis le pont si vous ne l’avez pas fait à la montée.



Les rapides de Choranche
Les rapides commencent environ une cinquantaine de mètres avant le pont, mais la pente devient plus marquée juste après. Pour bien entrer dans la section, visez le passage à gauche du arche. Par débit faible, le rapide devient très technique avec des petits seuils à franchir. Il faudra naviguer proprement pour passer entre les blocs, et il y a un peu plus de risque de se coincer sur les rochers. Avec plus d’eau il y aura plus de choix de ligne, et les seuils seront un peu lissés. Avec des débits importants ça va très vite et les trous deviennent collants, surtout coté droit. Ce premier rapide est le plus pentu et marqué de la rivière. C’est possible de s’arrêter en rive gauche juste après pour reprendre son souffle.
La suite s’enchaine dans le même style, avec des rapides un peu plus longs mais avec moins de pente. Il faut continuer à slalomer autour des blocs qui dépassent ou par hautes eaux des trous peuvent se forment derrière. Avec un niveau supérieur à 100 à l’échelle de Choranche ça devient un rapide plus ou moins continue, qui fait environ 400 mètres. Les lignes à gauche semblent globalement plus faciles, avec au moins un grand rouleau qui se forme à droite et qu’il vaut mieux éviter. Certains blocs siphonnent, et il peut y avoir des branches, voir des arbres entiers bloqués sur les bords. Ceci dit, la rivière est relativement large et vous devriez avoir toujours de la place pour passer.
Un virage à gauche avec une falaise en rocher qui tombe à pic jusqu’à l’eau annonce la (presque) fin des hostilités. Le suivant virage a droite peut drosser un peu sur l’extérieur, mais globalement c’est moins puissant qu’avant. Continuez encore quelque centaine de mètres, et si vous voulez sortir pour refaire les rapides, arrêtez en rive gauche. Une courte pente bien raide vous amène à un champ puis à un sentier sur le bord à gauche pour retrouver le chemin de randonnée. Il suffira de remonter 15-20 min pour revenir sur le pont a Choranche. Pas besoin de dégonfler votre packraft pour profiter à nouveau des rapides, mais faites attention aux ronces sur le bord du chemin.
Les Chartreux
En continuant sur l’eau, vous allez passer sous un pont métallique « la passerelle Beaudet », avant d’arriver à un virage serré à droite. Ici la rivière se sépare autour des quelques ilots, c’est la partie la plus large, il se peut que ça racle par basses eaux (40-45 à l’échelle de Choranche). A gauche, la voie est plus accessible. Sur la rive droite vous passez en face du lieu-dit « les Chartreux » un ancien établissement thermale où les malades pouvaient bénéficier des eaux chargées en minéraux. Fermé depuis début du siècle dernier, il ne reste maintenant que les beaux bâtiments.
Le Seuil et le moulin de Rouillard
En restant sur la rivière, un léger virage accélère un peu le courant. Quelques petites vagues et rochers animent le lit, formant de courts trains de vagues avant que l’eau ne se calme complètement en amont du seuil. Cette construction traverse toute la largeur de la rivière et permet de dériver une partie du débit vers le moulin du pont Rouillard. Le seuil, d’environ un mètre et demi de haut, peut sembler impressionnant vu d’en haut, mais il se franchit aisément en passant au centre droit. L’eau s’écoule ensuite sur une dalle de béton inclinée, ce qui limite fortement le risque de rappel sur la majeure partie de l’ouvrage. La seule zone potentiellement plus délicate en hautes eaux se situe à gauche. Il est peut-être possible de porter le seuil mais la végétation est épaisse avec beaucoup de ronces des deux côtés.
Après le seuil, poursuivez votre descente : on arrive rapidement au moulin et au pont routier qui marque la fin du parcours. Un rapide sympa vous conduit sous l’arche en pierre, juste avant la zone de restitution. Vous pouvez sortir tout de suite sur les plages situées à gauche, ou continuer encore quelques centaines de mètres pour profiter des derniers rapides et d’une petite cascade visible sur la droite par temps de pluie. La dernière sortie se situe impérativement après un grand rocher rond, haut de quelques mètres, en rive gauche, dans un virage serré à gauche également (n’hésitez le repérer au début de la sortie). Si vous continuez vous allez directement sur des passages plus dangereux : vous seriez rapidement engagés dans des sections infranchissables, créées par le rétrécissement de la falaise au-dessus de Pont-en-Royans. Ces deux passages sont siphonnants et extrêmement périlleux. Mieux vaut sortir et remonter par les petits jardins jusqu’à la route !


Informations Essentielles
Niveaux d’eau
Il n’existe pas de jauge spécifique sur place, mais vous pouvez vous baser sur le niveau de la Bourne à Saint-Just-de-Claix, qui offre une bonne indication générale. Un débit compris entre 45 et 80 m³/s constitue un niveau idéal. Gardez simplement en tête que cette jauge n’affiche une valeur en m³/s seulement quand la rivière dépasse les 50 m³/s correspondant à 2m.
Sur place, vous pouvez revérifier à l’échelle de Choranche, située en rive gauche, juste en contrebas du pont. La rivière devient praticable dès 40–45 cm, dans un style très manœuvrier et peu puissant. Le niveau est particulièrement agréable autour de 60–70 m³/s à l’échelle de Saint Just : les rapides, en classe III, sont nets et plaisants. On entre dans les hautes eaux au-delà de 100–110 m³/s. À 115 cm, les rouleaux deviennent puissants et la vitesse augmente : n’embarquez pas si vous ne savez pas bien esquimauter et naviguer en volume.
- Distance packraft : 6,2km, classe II-III
- Saison: Fin automne, hiver et printemps (période de fonte et fortes pluies)
- Niveau d’eau : Saint Julien de Claix, échelle de Choranche
- Fichier .kml : cliquez ici !
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Topo : La Bourne du Barrage de Choranche au Pont Rouillard
Cette belle section de la Bourne est navigable au-dessus du village pittoresque de Pont en Royans. La vallée, riche d’histoire et de curiosités géologiques, offre une descente variée dans un cadre naturel remarquable. Le parcours alterne de jolis rapides de classe II-III, à la fois ludiques et manœuvriers, entourés de falaises calcaires. Avec beaucoup d’eau la rivière monte en difficulté et certains rapides se rapprochent de la classe IV.
Selon les envies, vous pouvez choisir soit de remonter en randonnée et faire la descente intégrale, soit de faire une session slalom sur les rapides ludiques en dessous de Choranche si les conditions sont bonnes ! N’hésitez pas à profiter de la vallée au passage avec la possibilité de visiter plusieurs grottes comme celle de Choranche ou le centre-ville de Pont en Royans célèbre pour ces maisons suspendues.

Topo : La Roanne de Saint Benoit à la Drôme
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Topo : L’Eygues de Rémuzat à Sahune
Cette descente traverse les gorges de Saint May, un paysage rocheux et sauvage, survolé par les vautours, là où la Drôme provençale nous dépayse et nous fait rêver avec les montagnes de l’Ouest américain. C’est un parcours d’eau vive en classe II-III, très esthétique et très prisé
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