
Maëlle Froissard
Cap au nord: Départ pour l’île de Sturkö
Printemps 2025, suite à une traversée de la Suède en train, qui m’a laissé le temps d’observer le paysage, une idée commence à germer : « dis donc, ce pays a l’air particulièrement bien adapté à la pratique du bikeraft … D’immenses forêts entrecoupées de lacs non moins grands et d’une multitude de cours d’eau … Le paradis ».
Été 2025, préparation plus sérieuse d’un itinéraire et décision de monter la haut avec un véhicule aménagé qui servira de camp de base pour ensuite partir plus ou moins longtemps en bikeraft, packraft ou juste vélo en fonction des conditions météo.
Le 8 septembre 2025, nous faisons halte à Crest, chez Mekong, pour récupérer nos packrafts Davy Rocket qui nous accompagneront tout au long de cette aventure. Il est temps de prendre la route, quelques kilomètres nous attendent et un détour par le Danemark est prévu.
Très vite, nous faisons connaissance avec notre principal adversaire : le vent. Nous le savions, pensions l’avoir anticipé, mais sur place il se révèle bien plus fort que prévu. Après plusieurs jours à longer la côte est en remontant vers l’île d’Öland, nous finissons par trouver un peu de répit sur l’île de Sturkö. Le soleil est au rendez-vous et, enfin, nous gonflons nos packrafts pour la première fois.
Évidement, tout ne se passe pas comme prévu et peu après notre mise à l’eau la météo bascule brutalement. En cherchant refuge sur un îlot voisin, une averse nous surprend et nous trempe en quelques minutes. Le vent se lève aussi, suffisamment pour me permettre un premier test inattendu : le surf en packraft, un vrai régal ! Puis le calme revient, le soleil réapparaît et nous profitons d’une navigation très agréable entre les îlots. Le Davy Rockett se montre parfaitement adapté : il glisse bien, garde facilement le cap. De quoi augurer une belle suite et nourrir encore davantage notre envie de partir en bikeraft.



La côte Est en bikeraft et le défi des éléments
On prend la décision de s’éloigner un peu de la côte pour échapper au vent ; on cherche un itinéraire entre lacs et rivières. Ne trouvant pas de topos, Google Maps devient notre meilleur ami pour cette recherche.
19 septembre 2025 c’est parti pour notre première aventure en bikeraft sur la rivière Alstaren. On gare le camion à l’embarquement et le retour ce fera en VTT sur les pistes traversant la forêt. C’est à ce moment que l’on rencontre notre deuxième ennemi : la couleur noir de l’eau, qui empêche de voir le fond. Il devient alors très compliqué de déterminer le niveau d’eau de la rivière. Le niveau étant plus bas qu’espéré, la plupart des rapides de classe 2/3 ne passent pas, mais c’est le jeu quand on veut naviguer en automne. Le paysage est splendide, très sauvage, un vrai cliché sur la Scandinavie telle qu’on se l’imagine, eau noir, grandes forêts, grands lacs et petits courts d’eau sinuant, parfois compliqués à naviguer (beaucoup de barrages d’arbres tombés sur la rivière), c’est l’aventure !
C’était une première en bikeraft pour nous, et franchement nous étions ravis: c’est tellement pratique de pouvoir mettre son vélo sur le packraft et vice-versa, on y trouve une réelle liberté.

Du 24 au 28 septembre on décide de partir uniquement en VTT et de laisser les packrafts. En effet même si les possibilités de naviguer sont nombreuses, le vent annoncé nous y fait renoncer. On profite cependant de ce tour pour repérer des endroits où revenir lorsque le vent tombera.
30/ 31 septembre on part cette fois uniquement en packraft, dans la réserve des Stendhoren, l’un des plus beaux archipels de la côte Est. Il faut juste faire attention à bivouaquer en dehors des limites de la réserve mais les possibilités sont infinis ici.
On poursuit notre remontée de la côte Est jusqu’à Stockholm. On visite la ville à vélo, ce qui est parfaitement adapté, puis on prend la direction de la Dalécarlie et de la ville de Falun pour une journée bikeraft afin de profiter des pistes de VTT de descentes. On commence enfin à voir apparaître les premières couleurs automnales et les températures commencent à baisser sérieusement. Quand on embarque par 6 degrés, on commence à repenser un peu l’idée du bivouac et, pour quelques jours, on privilégie des sorties à la journée.
Petit tour au lac Siljan, joyaux de la Suède et à Mora, ville d’arrivée de la Vasaloppet sous la pluie. Avec le retour du beau temps dans les prochains jours on trace en direction de la rivière Klarälven qui va de la frontière norvégienne au lac Vänern (plus grand lac de Suède).


Quand l'automne s'installe sur la rivière Klaralven
On a repéré un parcours d’environ 80 km sur cette rivière, sans barrage donc sans portage à prévoir. C’est aussi la seule rivière pour laquelle nous avions trouvé des topos en amont, ce qui a rendu l’organisation bien plus simple cette fois-ci (anecdote marrante: le parcours sur lequel nous avons navigué est faisable en été, en radeau à construire soi- même).
Le 8 octobre, départ pour 80 km sur la Klarälven (classe 1 et fond sableux), par un temps splendide mais froid. Ce sera notre dernière sortie en packraft et en bivouac : l’automne nous a finalement bel et bien rattrapés, et ces derniers jours sous tente, fantastiques en termes de paysages, étaient devenus trop frais pour continuer ainsi.


Bilan de l'aventure
Le voyage du retour nous fera encore traverser des endroits superbes, encore d’autres opportunités, la Suède est vraiment LE pays adapté au bikeraft, ou juste au packraft, les possibilités sont infinies, les paysages incroyables, la nature reste préservé . On y aura passé plus d’un mois et il reste tant à faire … Si on veut naviguer davantage en rivière que ce qu’on a fait, le printemps est plus conseillé afin de bénéficier de niveaux d’eau plus élevés.
En bref, un bilan plus que positif, tant pour le pays que pour les activités qu’on peut y pratiquer (packraft en mer, en lac et en rivière, VTT et escalade). Les Davy que nous avions étaient parfaitement adaptés à notre voyage. C’était un pur bonheur et un véritable moment de liberté.

Cette aventure peut être réalisée avec ces 2 packrafts
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